Les solutions vont dépendre
du genre de handicap de l'enfant (un enfant handicapé mental
devra être plus protégé qu'un enfant atteint d'un
handicap physique) et de la composition de la famille.
Avantages
en propriété.
Si l'enfant est affecté d'un
handicap physique et s'il a lui-même des enfants, il est opportun
de l'avantager plus que sa part d'héritage en lui attribuant
la quotité disponible, c'est à dire la part d'héritage
dont chacun peut disposer librement.
Cependant il ne faudra pas oublier
de protéger également le conjoint survivant. La solution
est alors de donner le logement en nue propriété avec
réserve d'usufruit ou de droit d'usage et d'habitation au profit
des deux époux et de celui qui survivra, jusqu'a son propre
décès.
Il ne faut pas non plus risquer de
créer des situations conflictuelles dans la famille après
le décès des parents. Pour éviter un règlement
délicat de la succession si l'enfant reçoit la maison
familiale par exemple, il faudra avoir recours à une donation-
partage dans laquelle tous les enfants participeront, c'est à
dire qu'ils recevront chacun leur part de réserve, mais ceci
suppose que les parents ont d'autres biens que le logement familial.
Usufruit
ou droit d'habitation
Lorsque l'enfant handicapé
est célibataire sans enfants, il est préférable
d'améliorer ses conditions de vie plutôt que de lui transmettre
la propriété de biens qui à son décès
reviendraient à ses frères et soeurs alourdis de droits
de succession. Il est donc là aussi nécessaire de procéder
à une donation partage.
L'enfant pourra donc recevoir un
usufruit ou un droit d'usage et d'habitation sur le logement qu'il
occupe avec ses parents. Il pourra exercer ce droit après le
décès du dernier survivant de ses parents . Ce droit
devra être évalué en accord avec les autres enfants
et dans le respect de leurs droits.
L'évaluation de l'usufruit
est délicate ; sauf dans le cas où l'usufruit ou le
droit d'usage et d'habitation profite immédiatement à
l'enfant handicapé, le droit viager doit être évalué
pour ce qu'il sera au décès du survivant des père
et mère.
D'autres
droits viagers
Les frères et soeurs peuvent
accepter dans la donation-partage de verser à l'enfant handicapé
un complément en rente viagère. Le versement peut débuter
dès la signature de la donation ou seulement au décès
des père et mère.
Il est également possible de
prévoir que les frères et soeurs de l'enfant handicapé
auront une obligation de soins et même de logement, mais il
faut être prudent et s'assurer qu'ils sont prêts à
remplir cette obligation dont les limites doivent être clairement
précisées. Si l'enfant handicapé doit rentrer
dans un établissement de soins, l'obligation doit être
transformée en rente viagère et ne pas porter sur le
remboursement des frais de séjour qui peuvent se montrer trop
élevés.
Situation
au décès des parents
Suite au décès de ses
parents l'enfant handicapé continue de percevoir les droits
viagers qui lui ont été octroyés et ce sa vie
durant.
Les frères et soeurs ayant
reçu en nue propriété des biens grevés
d'un droit viager revenant à l'enfant handicapé en deviendront
pleins propriétaires au décès de celui-ci. Ils
n'auront pas de droits de succession à régler lors du
décès des parents. En revanche si ces biens ont été
attribués en pleine propriété au handicapé
ou s'il les a recueillis au décès de ses parents, des
droits de succession sont dus par les frères et soeurs au décès
de l'enfant handicapé dont ils sont alors héritiers.
Transmission
"de residuo"
Un autre procédé permet
d'arriver à une solution comparable à la précédente,
c'est le legs ou la donation de residuo. Le bien est légué
ou donné à une personne, à charge pour elle de
le laisser à son décès à une autre personne.
Pour être valable le legs ou la donation ne doit pas priver
le premier bénéficiaire du droit de vendre ou de donner.
Cette solution est, de la même façon que lorsque l'enfant
handicapé reçoit des droits viagers, avantageuse fiscalement
car au décès de l'enfant handicapé les biens
seront censés être transmis directement des parents aux
autres enfants, ils ne seront pas inclus dans la succession du handicapé
ce qui évitera une taxation au taux de 35 et 45 % .
Des
choix délicats.
La préoccupation majeure des
parents d'enfants handicapés est d'assurer leur avenir, ils
souhaitent également lorsque c'est possible leur transmettre
des biens. Mais il est nécessaire pour eux de prendre en compte
tous les éléments de la situation.
Ils ne doivent pas oublier, lors de
leur décision, de prendre en compte les effets qu'elle aura
sur les versements des aides collectives auxquelles leur enfant handicapé
pourrait prétendre.
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