L'article 1er de la loi Urbanisme et Habitat,
(article L.111-3 du Code de l'urbanisme) fonde un véritable régime
juridique de la restauration des bâtiments ruraux. Il dispose
: " Peut également être autorisée, sauf
disposition contraire des documents d'urbanisme et sous réserve
des dispositions de l'article L.421-5, la restauration d'un bâtiment
dont il reste l'essentiel des murs porteurs lorsque son intérêt
architectural ou patrimonial en justifie le maintien et sous réserve
de respecter les principales caractéristiques de ce bâtiment.
"
Un
permis de construire est nécessaire pour les travaux de restauration
d'une ruine.
La constatation de l'êtat de
ruine d'un bâtiment à d'importantes répercussions
juridiques. Si le bâtiment n'est pas considéré
comme une ruine, les travaux de restauration sont soumis à
permis de construire ou à déclaration selon qu'il y
a ou non changement de destination de l'immeuble.
Si le bâtiment est considéré
comme une ruine sa restauration est assimilée à une
construction nouvelle et exige donc l'obtention d'un permis de construire.
Cette restauration est soumise à certaines conditions :
La restauration d'un bâtiment rural en ruine à l'identique
est possible sauf si :
- Les réseaux publics (eau,
assainissement, électricité) sont insuffisants pour
la desserte du bâtiment et que la municipalité n'est
pas en mesure de s'engager dans la réalisation des travaux
nécessaires.
- Lorsque les documents d'urbanisme
contiennent des dispositions spécifiques l'interdisant.
Le
bâtiment doit présenter un intérêt patrimonial
ou architectural.
C'est le maire qui, en définitive,
décidera de l'état de ruine du bâtiment et si
l'intérêt architectural ou patrimonial du bien justifie
une restauration. Celle ci devra être qualitative et justifiée
par rapport à la sauvegarde du paysage environnant.
A l'occasion de la révision des documents d'urbanisme les maires
sont invités à réaliser un inventaire des bâtiments
en ruine pouvant être restaurés. Cette identification
a pour objectif d'éviter la restauration de bâtiments
défigurant le paysage, il n'est donc pas besoin que le bâtiment
soit remarquable.
Si par contre l'état de ruine
du bâtiment est irrémédiable il vaut mieux songer
à la démolition. Celle-ci peut être soumise à
autorisation, puisque le Code de l'Urbanisme limite les possibilités
de démolition lorsque le bâtiment présente un
intérêt architectural ou patrimonial. En revanche, la
démolition ne peut être refusée lorsque l'immeuble
en ruine menace la sécurité publique.