Dans les familles recomposées,
le nouveau conjoint est considéré du point de vue fiscal,
comme un étranger vis-à-vis des enfants de l'autre. Dans
ce cas, transmettre des biens
par donation par exemple,
ne peut se faire que dans la limite de la quotité disponible
et
selon un tarif fiscal peu avantageux : pas d'abattement et 60 % de droits
d'enregistrement.
L'adoption peut alors
constituer une formule intéressante de transmission du patrimoine,
notamment lorsque ces familles comprennent des enfants d'un premier
mariage.
Deux types d'adoption coexistent
:
- L'adoption plénière dont les principales caractéristiques
sont :
- la suppression des
liens juridiques entre l'adopté et sa famille biologique,
- des conditions
strictes :
Lorsque l'adoption est faite par un couple, les époux ne
doivent pas être séparés de corps, ils doivent
être mariés depuis plus de deux ans, ils doivent avoir
au moins 15 ans de plus que l'adopté.
Lorsque l'adoption est
faite par une personne seule, l'adoptant doit être âgé
de plus de 28 ans (sauf dans le cas de l'adoption de l'enfant du
conjoint).
-une procédure
en deux temps, tout d'abord une phase administrative d'obtention
d'un agrément de la Direction de l'action sociale de l'enfance
et de la santé, puis une phase judiciaire devant le Tribunal
de grande instance.
-l'enfant adopté
bénéficie alors des mêmes droits qu'un enfant
légitime.
- l'adoption plénière
est irrévocable.
- L'adoption simple qui se caractérise par :
-la possibilité
pour toute personne d'adopter.
- des conditions d'âge
et de durée du mariage similaires à celles de l'adoption
plénière.
- l'adopté conserve
tous ses droits vis-à-vis de sa famille d'origine.
- le mécanisme
du retour légal : si l'adopté décède
sans descendant les biens qu'il a reçu par succession ou
donation de l'adoptant reviennent à l'adoptant ou à
ses descendants, alors que les biens qu'il a reçu de ses
parents biologiques font retour à ces derniers ou à
leurs descendants.
- l'adoption simple est
révocable pour des motifs graves et lorsque l'enfant a plus
de 15 ans.
- Fiscalité
La procédure d'adoption
simple peut sembler permettre de contourner les règles fiscales
régissant les successions.
Mais l'article 786, al.
1 du Code général des impôts précise expressément
que pour la perception des droits de mutation à titre gratuit,
il n'est pas tenu compte du lien de parenté résultant
de l'adoption simple sauf dans deux cas notables, lorsque :
- l'adopté est
l'enfant du conjoint,
- l'adopté a reçu
de l'adoptant des secours et des soins ininterrompus pendant plusieurs
années (5 ou 10 selon les cas).
Ce n'est donc que dans
ces situations très spécifiques ou dans le cas d'une
adoption plénière que l'adoption peut être un
outil efficace de transmission du patrimoine.